Fête de la Musique.
Deux publics à problème, deux besoins à assouvir.
Le premier : la racaille au sens large, composés d’enfants d’immigrés et de Français de souche assimilés à la sous-culture banlieue*. Leur cas est le plus simple à comprendre. Ils sont en « mode conquête ». Après avoir confisqué les « quartiers », ils confisquent désormais les cœurs de ville. Comme ils n’ont ni tanks ni QI, ils mènent une colonisation « low cost » et sans feuille de route. Ils donnent des coups, ils crient, ils suent et la voie s’ouvre devant eux. Même la police a pour consigne de ne pas taper trop fort, elle risquerait de faire mal à un « petit ange ». Ne cherchez pas de traces de l’Islam ici, l’enjeu est ailleurs. La conquête est menée au nom d’une identité nouvelle qui n’est ni française ni totalement étrangère. Les filles qui se frottent sur de jeunes garçons, au-dessus du parechoc d’une voiture défoncée, ne font pas l’apologie d’une religion ou d’une civilisation en particulier. Elles expriment l’émergence d’un monstre né en France de parents étrangers : le papa est le ghetto américain, la maman est le tiers-monde. Ce sont des beaufs d’un genre nouveau : ils sont jeunes, ils sont vulgaires, ils sont laids. La France est devenue une gigantesque usine à cas sociaux, fascinés par l’esprit racaille et fâchés avec le pays qui leur a tout donné (à part une structure mentale et morale).
Le second public est bien de chez nous. Blanc et chrétien délavé. Il ne brille pas plus que le premier par son QI, l’Éducation Nationale est passée par là. Mais, il a peut-être compris quelque chose : que tout était fini, que l’on se « fout » de lui puisque l’économie est à plat et que la disette arrive. C’est le fils de l’héritier qui a 50 ans aujourd’hui et a réussi à camoufler son grand déclassement grâce à un héritage providentiel, reçu de la génération boomer. Tel a reçu un appartement à Paris ou à Nice qui a pris 100% en 20 ans. Assez pour lui faire croire qu’il participe encore de la classe moyenne. Tel a attrapé à la volée une assurance-vie qui paie les vacances que son travail ne parvient plus à financer depuis des lustres. Eh bien, les gosses de ce bonhomme ou de cette bonne femme ont compris que la fête est finie. L’immobilier inaccessible d’un côté et la perspective d’être remplacé par une IA leur ont ouvert les yeux. Alors, à défaut de partir (où ?) ou de faire la révolution (le porno les a vidés de toute énergie révolutionnaire), ils dansent, ils crient, ils urinent dans la rue, ils lancent des mortiers parfois, ils imitent vaguement les sauvages du premier groupe. Tel est leur seul point commun au-delà de l’âge bien entendu, le reste, tout le reste les sépare : le code postal, les habitus, jusqu’à la langue dans certains cas. Ils savent qu’ils sont en sursis, qu’ils sont les prochains à déguster. D’ailleurs, ils dégustent déjà, à la sortie du collège ou dans les transports. Ils savent bien que la température monte et que le racket du quotidien (« globalement sous contrôle » pour paraphraser mon philosophe favori) débouchera sur le corps-à-corps. Certains s’entraînent au krav-maga. Même dans les beaux quartiers. Ils savent que « l’État de droit » n’est pas digne de confiance, qu’il leur a tourné le dos. La preuve : ils « font les cons » dans leur coin, loin du premier groupe. Ils sont fous mais trop.
En se comportant de la sorte lors de la Fête de la Musique, ils nous font savoir qu’ils ont compris, qu’ils savent que tout est mensonge et dissimulation. Ils nous font un bras d’honneur. Ils sont comme l’ivrogne qui traite le videur de tous les noms d’oiseau quand il se penche sur lui pour lui signifier que la fête est finie.
Le reste du temps, quand il n’y a pas de prétextes à sortir et à hurler, ils font semblant de travailler ou d’étudier. Ils « plantent » comme ils peuvent un système en bout de course et à bout de souffle.
Ceci n’est qu’une hypothèse. Pour la vérifier, il faut avoir 15 ans et les hormones qui vont avec.
Il nous est possible cependant de confronter leur profil à celui des jeunes de Mai 68.
Les deux groupes n’ont rien à voir. Les jeunes blancs de l’époque représentaient des petits gâtés, enfants des Trente Glorieuses, qui présentaient une facture immense à la société de leurs parents. Les jeunes blancs que je décris aujourd’hui savent que le frigo est vide. Ils n’ont aucune revendication. Ils exercent leur droit à une dernière danse avant de mourir ou de monter au front.
*Je précise à l’intention de la Ligue de la Vertu que le premier groupe ne concerne qu’une infime minorité des immigrés. En vérité, il les martyrise autant qu’il martyrise le corps social dans son ensemble. Il mène une même guerre à l’immigré honnête et ambitieux qu’au petit blanc qui l’insupporte car bien que pauvre il ne brûle rien et ne casse rien.


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