Extrait de “L’Identité d’abord” (Ed Artilleur, 2025)
Nous vivons sous la dictature des trous du cul. Ils ont étendu leur emprise sur la France et une grande partie du monde. Ils oppriment les gens honnêtes et empêchent les meilleurs d’accéder aux responsabilités. Ils provoquent une course à la médiocrité où la noblesse d’âme devient un péché mortel et l’intelligence un défaut éliminatoire. A cause d’eux, la moitié de l’humanité sinon plus n’a aucune chance d’échapper au sous-développement et au désespoir. Ils sont une mauvaise nouvelle, ils sont la principale mauvaise nouvelle de notre temps.
Qu’est-ce qu’un trou du cul ? C’est un enfoiré, ce terme d’ailleurs est en-deçà de la réalité du phénomène que je veux décrire mais il a l’avantage d’être un peu moins vulgaire. Et comme la vulgarité n’est jamais bonne conseillère, je m’efforcerai donc de parler d’enfoirés à partir de maintenant. Je comprendrai parfaitement que tu gribouilles trous du cul ou bien les initiales TDC à chaque fois que tu tombes sur enfoiré. Crayon, feutre ou stylo bic, fais-toi plaisir.
Qu’est-ce qu’un enfoiré donc ?
On en trouve autant chez les hommes que chez les femmes, l’égalité étant parfaite en la matière. Ils se répartissent en parts égales chez les blancs et les noirs, les gaulois et les arabes, les riches et les pauvres, les fonctionnaires et les entrepreneurs, les patrons et les chaouchs,
Un enfoiré se reconnaît à sa malhonnêteté, à son incompétence totale mais assumée, et surtout à son manque de scrupules. Il n’a ni froid aux yeux, ni honte d’être ce qu’il est. Il veut s’affirmer et dominer : l’enfoiré est un incapable qui a de l’ambition. C’est un suprématiste sans aucun motif d’aspirer à la suprématie. Il n’est à l’aise qu’à partir du moment où il t’opprime et te prive de ce qui revient de plein droit. Enfin, et c’est là un élément essentiel, l’enfoiré est solidaire de son prochain. Un esprit de corps de tous les instants unit ces spécimens dans leur conquête du pouvoir. Inutile de porter un badge ou un signe distinctif, les enfoirés se reconnaissent du premier coup d’œil et établissent de suite un pacte de collaboration.
En face, les gens bien sont désunis et impuissants. Seuls et isolés les uns des autres, ils offrent une proie facile à la meute. Candides, ils avancent les yeux bandés, à mille lieux de se douter du coup d’état des enfoirés. Ils s’inquiètent de la hausse du niveau de la mer, de l’immigration ou de la dernière bravade de Poutine. Pauvres bougres, ils ignorent que derrière chacune de leurs « grandes causes » il y a plusieurs enfoirés qui pourrissent tout ce qu’ils touchent.
Complètement à côté de la plaque, ils n’imaginent pas à quel point ils ont été déclassés. Ils ne se doutent pas de l’inversion des valeurs et des hiérarchies. Ils croient qu’ils vivent encore dans le monde hérité de Churchill ou De Gaulle alors que l’époque appartient désormais aux déplorables. Ils font mal au cœur. Ce sont des lionceaux pris en otage par des hyènes. Des lionceaux qui refusent de grandir pour donner des coups de griffe salutaire aux minables qui les dominent.
Mais, comment en est-on arrivé là ?
Les enfoirés sont tout simplement les plus forts. Ils traversent les épreuves de la vie avec moins de dommages que les autres. A croire que la sélection naturelle joue en leur faveur. L’environnement leur est moins hostile qu’avant, ils prolifèrent et peuplent le monde. Ils remplacent les gens bien qui déclarent forfait et justifient leur retraite soit par la volonté de profiter de la vie au maximum, soit par le dégoût et le découragement. En réalité, ils sont battus mais ils ne veulent pas l’admettre, ils sont fragiles et ils se le dissimulent. Parmi eux, des hédonistes, des dépressifs, des mélancoliques et des burns-outs : que de promesses non-tenues ! Que de talents refoulés !
Cher ami, tu as rendez-vous avec les enfoirés.
Un chef imbécile qui passe sa journée à chercher un moyen de te savonner la planche. Un politicien abruti qui abuse de son pouvoir pour te confiner, t’empêcher d’embrasser ta grand-mère et t’obliger à boire ton café debout. Un juge indigne qui refuse de te donner gain de cause face à un squatteur qui a pris possession de ton bien. Un professeur égaré qui enseigne à ta fille qu’elle est un garçon manqué au lieu de lui apprendre à lire et à écrire. Un employeur borné qui refuse d’office ta candidature parce que tu habites la Seine-Saint-Denis. Un journaliste du service public qui organise un débat où ne sont présents que les gens qui pensent comme lui. Un ministre de la Justice qui parle du « sentiment d’insécurité ». Un ministre de l’Economie qui promet de mettre à genoux l’économie d’un pays tiers et qui finit en réalité par mettre à genoux tes finances personnelles. Un député responsable d’une loi qui pénalise les clients des prostituées, renvoyant des milliers de citoyens à leur misère sexuelle. Un délinquant qui crie au racisme alors qu’il est pris la main dans le sac. Un flic qui refuse de prendre la plainte d’une femme menacée par son conjoint. Un activiste qui empêche l’expulsion vers son pays d’origine d’un terroriste islamiste, connu et reconnu pour sa dangerosité. Une femme qui accuse un homme de l’avoir violée alors que le rapport était consenti. Un homme biologique qui fait un scandale quand on lui refuse l’accès des toilettes des filles. Et la liste est longue bien entendu.
Mon cher ami, ce rendez-vous est sûr et certain. S’il a déjà eu lieu, il risque de se répéter car les enfoirés sont de plus en plus grisés par leur succès. Ils sont plus enhardis que jamais par la désertion des esprits éclairés et des nobles caractères.
Tu as intérêt à te préparer.
Laisse-moi t’aider. Crois-moi tu auras besoin d’aide car tu es seul alors que les enfoirés sont unis comme une légion romaine. Aucune institution ne veut les combattre, bien au contraire. Ni les religions, ni les ONG, ni les entreprises, tout le monde fait semblant qu’ils n’existent pas. Personne ne prépare la riposte. Autrement, il y aurait un Ministère de la Grandeur et un Haut-Commissariat à l’Excellence. Il n’y a pas non plus d’homme providentiel pour s’interposer entre eux et toi.
Aucun diplôme ne te met à niveau pour cette lutte décisive. Aucune formation ne te rend assez fort pour repousser les assauts des imbéciles convaincus de leur bon droit et enflés par leur soudaine supériorité. J’ai été jeune moi aussi, je me suis pris le mur des enfoirés en pleine gueule, j’ai mordu leur chair sèche et indigeste, son goût âpre et mousseux est encore dans ma bouche.
Il faut absolument t’épargner cette humiliation. Une chose est de se faire écraser par un héros grec, une autre est de se faire démolir par un cancre décomplexé et sûr de lui-même. Ta seule chance de t’en sortir est d’être réellement supérieur à l’ennemi, le dominer au lieu de le laisser te dominer. Tu es condamné à la Puissance. Encore un objet que personne ne t’enseigne à l’école et qui est essentiel à ta liberté. Je n’ai pas dit « succès dans la vie », j’ai dit « liberté » car les enfoirés veulent décider à ta place. A eux, le pouvoir, la gloire et le confort. A toi, l’effort, l’humilité et la peine. Ils veulent monter sur un piédestal à tes dépends puis observer avec délectation le spectacle de ta disgrâce.
C’est parce que j’ai été faible que je te parle de puissance. Je l’ai entièrement perdue avant de la récupérer bouchée par bouchée en osant la liberté. J’ai osé être moi-même, j’ai pris la liberté de m’assumer comme je suis, avec mes qualités et mes défauts, en embrassant ma mission et en renonçant aux illusions que l’on m’a mis dans la tête quand j’étais gosse. J’ai récupéré ma puissance le jour où j’ai décidé d’être loyal envers mon identité.
J’ai plongé en moi-même et ce que j’ai vu est commun à tous les hommes et à toutes les femmes. La structure est la même, le mécanisme aussi. Seuls diffèrent d’une personne à l’autre la mission et les démons venus l’empêcher. Il s’avère qu’on nous le cache. Tout est fait pour nous détourner de notre vérité. L’argent, le sexe, la politique, les divertissements, tout nous éloigne de notre puissance. Il faut dire aussi que plonger en soi-même n’est pas un exercice agréable. On se salit au contact de vérités dérangeantes et on se blesse en se posant sur des souvenirs acides. Mon voyage a été dangereux, il m’a fait tutoyer la folie. Tu n’as pas besoin de plonger en enfer comme je l’ai fait, par mégarde et arrogance, mais en toi-même.
Laisse-moi te raconter mon périple et te tracer la carte des périls à éviter.



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